Cette semaine, on se penche sur l’organisation des mères et des pères célibataires pour faire de nouvelles rencontres sexuelles ou amoureusesJulie résume la situation en ces termes: «C’est une vraie galère.» Cette employée dans la mode de 42 ans vit avec son fils de 13 ans à 75% du temps. L’enfant reste du vendredi au mercredi chez son père, puis revient chez Julie pendant dix jours. «On s’est séparés quand mon fils était en maternelle. Au début, c’était une semaine chacun, ce qui était génial comme compromis. Pendant deux ans, j’ai beaucoup daté au point où j’ai matché deux hommes sur Tinder qui m’ont dit que l’on avait déjà couché ensemble. Je ne m’en souvenais pas», évoque-t-elle en riant.Mais en grandissant, son fils devenu adolescent exprime le besoin d’être plus souvent chez sa mère, en raison d’une relation conflictuelle avec sa belle-mère. Julie est alignée avec cette décision, car elle voulait répondre aux besoins de son enfant, mais d’un point de vue personnel, cela a compliqué sa vie sentimentale et sexuelle. «Je ne suis disponible pour un date qu’un week-end sur deux. Si j’ai un coup de cœur pour quelqu’un, il faut qu’il soit d’accord d’attendre ce week-end-là, moment où j’ai aussi calé mes amies mamans solos avec qui on a synchronisé nos gardes», poursuit-elle. «Si j’ai mes règles, je n’ai en général pas envie de faire de nouvelles rencontres, donc ça repousse à quinze jours la possibilité d’une relation intime. Et il faut que l’autre soit aussi dispo le même week-end, sans enfants. C’est un casse-tête logistique.»Julie a déjà essayé de prendre des rendez-vous en journée. Un prétendant est même venu en scooter pour pique-niquer avec elle dans le parc à côté de son bureau. Mais avec le nez sur sa montre et la crainte de croiser des collègues, elle n’a pas trouvé cela très concluant.
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Une planification au cordeau
Toutefois, la quadragénaire parvient à avoir une vie sexuelle épanouissante, grâce à une planification bien rodée. Elle explique avoir un réseau de «copains du cul» plus jeunes qu’elle, sans enfants et mieux organisés, avec qui elle prend rendez-vous plusieurs semaines à l’avance. Et puis, il y a les soirées sex-positives et libertines auxquelles elle prévoit de participer, inscrites à son agenda des mois avant le jour J. Ces milieux l’ont toujours attirée, mais elle avait mis cette facette de sa sexualité de côté quand elle était en couple avec son ex-conjoint. «J’ai repris les soirées quand je me suis séparée. C’est une bouffée d’air pour moi. Je mets tout en pause et je ne pense plus à mon rôle de mère», témoigne-t-elle.Julie envisage même de faire des soirées privées chez elle. «Il faut juste que mon fils ne change pas d’avis sur le lieu où il va dormir ce soir-là!» Si elle ne se sent pas frustrée le moins du monde d’un point de vue sexuel, elle déplore le manque de connexion émotionnelle dans sa recherche d’un éventuel nouveau partenaire. «Je suis proche de mes sexfriends, mais je ne vais pas m’épancher sur leur épaule. C’est facile d’avoir des rencards, mais pour qu’ils soient qualitatifs, c’est autre chose. C’est frustrant.»A l’image du témoignage de Julie, de nombreux parents solos trouvent des subterfuges pour faire de nouvelles rencontres, un processus plus ou moins aisé en fonction des modalités de la garde de leur enfant ou de leur configuration familiale. En Suisse, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), après un divorce ou une séparation, les enfants habitent le plus souvent chez leur mère et ce sont elles qui sont, cinq fois plus souvent que les pères, à la tête des ménages monoparentaux.
Le «dating» avec un enfant en bas âge
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Les études montrent que la parentalité – et a fortiori la maternité – solo n’efface pas la vie sexuelle et amoureuse, elle la reconfigure, y compris avec des enfants en bas âge. Ainsi, une recherche américaine1 souligne que parmi les parents solos, celles et ceux ayant un enfant de 5 ans ou moins déclarent même davantage d’activité sexuelle et de premiers rendez-vous que celles et ceux ayant des enfants plus âgés.Une réalité mise au jour dans un texte publié en juin dernier dans le New York Magazine par la mannequin Emily Ratajkowski – certes extrêmement privilégiée et à l’aise financièrement. Elle y explique avoir rencontré des hommes de manière compulsive après s’être séparée du père de son fils, quand ce dernier était encore bébé. Elle raconte qu’après avoir longtemps sciemment limité son nombre de partenaires et d’expériences, croyant ainsi, à tort, jouir d’une forme de respectabilité sexuelle qui lui garantirait amour, fidélité et sécurité, elle envoie tout bouler. Et ce, pour expérimenter une identité inverse, celle d’une femme sexuellement libre, afin de mieux comprendre qui elle a envie d’être.Une
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