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Israël et l'Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l'opinion"
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Israël et l'Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l'opinion"

Publié le 25 July 2026 à 05:45
Auteur : L'Express

A peine le temps de poser ses cartons à l'ambassade d'Israël à Paris que Joshua Zerka se retrouve déjà en pleine tempête diplomatique. Défendre la position de l’Etat hébreu, lorsqu’il débarque en 2024 dans la capitale française, n’est pas à la portée de n’importe quel diplomate. Le Proche-Orient est en train de connaître un bouleversement majeur, un an seulement après le pogrom du 7-Octobre et le début de l'opération militaire à Gaza qui a causé des dizaines de milliers de morts, provoquant de gigantesques pénuries alimentaires du fait du blocus imposé par Tsahal. Deux ans après sa prise de fonction, cet ambassadeur, né en France, dresse un constat alarmant sur la coopération entre Paris et Tel-Aviv : "Il y a une crise de confiance entre nous. Nos relations bilatérales sont au plus bas. La défiance est telle qu'Israël a de grandes difficultés à concevoir la France comme un partenaire envisageable sur ses questions de sécurité ou de relations internationales." Les deux guerres en Iran - auxquelles aucun pays européen n’a souhaité prendre part - et les bombardements meurtriers en territoire libanais n’ont rien arrangé. Au contraire, la France a durci ses positions à l’égard de l’Etat hébreu et Emmanuel Macron a reconnu, quelques mois plus tôt, l’Etat de Palestine. A tel point que 2026 fait déjà figure d’annus horribilis diplomatique. Ben Gvir et Smotrich interdits de territoire Dernier accroc en date : le 9 juin, Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite des Finances du gouvernement Netanyahou, se voit interdire l’entrée du territoire français pour son rôle actif dans l’expansion de la colonisation et des violences en Cisjordanie. Sur ce territoire occupé depuis 1967 où vivent aujourd’hui 500 000 Israéliens, les attaques contre des Palestiniens atteignent un niveau "record" selon l'ONU, soit six par jour, affectant plus de 230 communautés. Un motif supplémentaire de crispations dans les relations déjà glaciales entre la France et Israël. Toujours au mois de juin, Itamar Ben Gvir, l’un des ministres également très à droite sur l’échiquier politique israélien, est déclaré persona non grata dans l’Hexagone. Sa vidéo montrant des militants de la flottille pour Gaza, en état d’arrestation, à genoux et mains liées dans le dos, a choqué toutes les chancelleries européennes. A leur retour en France, certains militants pro-palestiniens ont même accusé l’armée israélienne de les avoir affamés, violentés et agressés sexuellement. Benyamin Netanyahou a beau prendre ses distances avec son ministre et dénoncer des actes "contraires aux valeurs d’Israël", le malaise avec Paris reste profond.En réalité, tous les sujets finissent par devenir source de litige avec Paris. Depuis deux ans, Eurosatory, le plus grand salon de défense et de sécurité en France, fait l’objet d’un sévère contentieux. Lors de la dernière édition en juin, le gouvernement français a interdit la présentation d’armes israéliennes dites "offensives", limitant la participation des exposants à la défense antiaérienne et aux armes antimissiles balistiques. Colère de l’Etat hébreu qui, depuis le 7-Octobre, justifie toutes ses opérations militaires par le droit à se défendre face à ses ennemis existentiels dans la région. "Ni les Européens, ni les Américains n’ont le Hezbollah ou le Hamas à leurs frontières. Nous, nous vivons à côté de régimes tyranniques, violents et fondamentalistes", s’est justifié Amichai Chikli, ministre des Affaires de la diaspora d'Israël, lors d’un séminaire de l’association de presse Europe-Israël. Des sanctions contre les colons extrémistes Mais depuis plusieurs mois, Paris est loin d’être la seule capitale du Vieux Continent à se désolidariser de la politique israélienne dans la région. Un petit groupe de pays menés par l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie - qui vient de prendre une mesure similaire à la France contre Smotrich et Ben Gvir -, ainsi que la Belgique ont musclé leurs discours en la matière. Les Vingt-Sept ont adopté, le 11 mai dernier, des sanctions contre quatre organisations de colons extrémistes israéliens ainsi que trois de leurs responsables. Un "pas en avant important", selon Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères. Rome vient d'ailleurs de suspendre son accord de défense avec Israël et d’autres pays veulent aller plus loin. La Suède et la France militent pour des droits de douane dissuasifs sur les produits issus des colonies israéliennes (vin, produits agricoles et cosmétiques). Alliés historiques d’Israël, les Pays-Bas affichent désormais une position bien plus critique envers Tel-Aviv depuis l’arrivée cette année du centriste Rob Jetten au pouvoir. Dès le 22 septembre, les produits issus des colonies israéliennes seront bien interdits en territoire hollandais. "Il y a, chez nous, une distinction de plus en plus nette entre le soutien apporté à Israël en tant qu’Etat et l’attitude à adopter à l’égard du gouvernement de Benyamin Netanyahou", confirme Sven Koopmans, ex-représentant spécial de l'U

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