La Commission européenne prépare son budget 2028-2034, pour lequel elle veut demander 2000 milliards d’euros. Le chancelier allemand ouvre les hostilités au nom des «frugaux», appelant à «démanteler la bureaucratie» bruxelloiseLe chancelier allemand Friedrich Merz a appelé mardi l’Union européenne à réduire de plusieurs centaines de milliards d’euros son futur budget pluriannuel et à accélérer les réformes destinées à renforcer la compétitivité du continent.En déplacement à Dublin, où il a rencontré le premier ministre irlandais Micheál Martin, Friedrich Merz s’est rangé dans le camp des «frugaux», ces pays du nord de l’UE qui préconisent à la Commission Européenne d’être nettement plus économe sur son futur budget pour la période 2028-2034, en cours de discussion.Bruxelles a proposé l’an dernier une enveloppe totale de 2000 milliards d’euros, en forte hausse par rapport au budget actuel, afin notamment de financer les priorités liées à la défense, à la transition écologique et à la compétitivité.La polémique sur les amendes: Donald Trump menace l’UE de nouveaux droits de douane après les amendes contre les géants de la tech
«Des augmentations exorbitantes»
Mais aux côtés de Micheál Martin, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, le dirigeant conservateur allemand a estimé que l’Union doit au contraire plaider pour des coupes «impératives» de plusieurs centaines de milliards d’euros.«Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre des augmentations exorbitantes des dépenses», alors que l’UE mène des «efforts considérables pour consolider les finances publiques», a-t-il martelé.
Micheál Martin: tenir compte de «notre situation économique actuelle»
Son homologue irlandais a déclaré que l’UE avait besoin d’un budget «qui réponde à ses besoins et ses ambitions pour l’avenir», tout en «reflétant notre situation économique actuelle», ajoutant que Dublin écouterait les inquiétudes de l’Allemagne et s’efforcerait de parvenir à des «compromis». «Si nous abordons tous cette tâche dans le bon état d’esprit, un accord devrait pouvoir être trouvé d’ici la fin de l’année», selon Micheál Martin.Et la Suisse? Pour Bruxelles, la Suisse reste un partenaire fiable et vise la «stabilité plutôt que l’incertitude»
Une taxe exclue selon le chancelier allemand
Pour financer cette hausse du budget tout en soulageant les contribuables européens, Bruxelles étudie notamment une taxe sur les grandes entreprises. Même si Friedrich Merz se dit «prêt à discuter de nouvelles ressources propres» pour l’UE, une nouvelle taxe pour les entreprises «ne peut être envisagée» selon lui.Au sujet de la compétitivité du bloc, devenue la boussole de Bruxelles face à la crise économique qui frappe la zone euro, Merz a estimé que les efforts engagés restent insuffisants. «Je suis un peu préoccupé par le fait que le zèle dans l’UE et le niveau d’ambition ont nettement diminué depuis le milieu d’année environ» à ce sujet, a regretté le chancelier. «Nous devons faire davantage», a-t-il insisté, citant les procédures d’autorisation «trop longues» pour les investissements.
«Démanteler la bureaucratie»
Friedrich Merz a par ailleurs réclamé «un démantèlement en profondeur de la bureaucratie» européenne.«L’Irlande a fait de l’amélioration de la compétitivité économique européenne une priorité de sa présidence», a répondu Micheál Martin.En juillet, la Commission européenne a proposé d’assouplir son mécanisme de tarification du carbone, fustigé par les industries du continent, suscitant les critiques d’ONG qui dénoncent le détricotage incontrôlé de réglementations environnementales par l’UE. Pour le chancelier allemand, la compétitivité et la protection du climat «vont de pair».A ce propos: L’UE propose d’assouplir son marché carbone au nom de la compétitivité
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