Une personne est décédée à Bâle, et 26 sont malades, pour avoir été exposées dans la rue à des gouttelettes d'eau infectées par des légionelles. Des précisions sur ces bactéries et les dangers qu'elles représententA la suite d'une épidémie de légionellose à Bâle, 26 personnes sont tombées malades en l'espace de deux semaines. L'une en est décédée.L'enquête auprès des patients infectés a révélé un foyer de contamination dans le centre du Petit-Bâle, selon les autorités cantonales. Des cas isolés ont aussi été observés dans d'autres quartiers. Cela suggérait une ou plusieurs sources communes et les investigations se sont donc concentrées sur les tours de refroidissement à eau.La NZZ cite la médecin cantonale adjointe Eva Würfel, laquelle explique que la plupart des personnes se seraient contaminées dans la rue. Le vent disperse la vapeur d'eau des tours de refroidissement, qui atteint les gens lorsque les particules d'eau retombent.Le laboratoire cantonal a prélevé des échantillons sur dix systèmes ces derniers jours. Des taux de légionelles supérieurs au seuil autorisé ont été constatés dans huit de ces systèmes. L'espèce Legionella pneumophila, responsable de la plupart des infections humaines, a été détectée dans deux de ces systèmes. Ils ont été définitivement arrêtés vendredi. Ces deux installations sont situées sur le toit d'un immeuble de bureaux dans le quartier de Kleinbasel à Bâle.Le point en cinq questions.
■ Que sont les légionelles?
Il faut préciser en préambule qu'il ne faut pas confondre avec la listériose ou la salmonellose, des infections qui peuvent être transmises par certains fromages au lait cru ou mal conservés.Les légionelles sont des bactéries présentes naturellement dans l'eau. En faibles quantités dans les eaux souterraines ou de surface, elles sont totalement inoffensives. Elles ne deviennent dangereuses que lorsqu'elles se multiplient abondamment dans des systèmes d'eau artificiels et sont inhalées par l'homme.
■ Comment est-on contaminé?
La contamination ne se fait pas en buvant de l'eau contenant des légionelles, car l'acide gastrique détruit les agents pathogènes. On est contaminé en inhalant de minuscules gouttelettes d'eau (des aérosols). Ceux-ci peuvent par exemple se former sous la douche, dans les humidificateurs, les brumosateurs, les climatiseurs, les stations de lavage automobile ou à proximité immédiate de tours de refroidissement.Dans les piscines également, la transmission est possible par le biais des cascades, des toboggans, des bains à remous et des fontaines. Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la transmission d’homme à homme est extrêmement rare.
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■ Sont-elles dangereuses?
Il existe deux tableaux cliniques. La forme grave est la légionellose, qui se manifeste de deux à dix jours après la contamination par de la fièvre, une toux, des douleurs musculaires et des maux de tête, pouvant entraîner une pneumonie grave. Malgré un traitement antibiotique, 5 à 10% des personnes atteintes décèdent.La forme bénigne, dite fièvre de Pontiac, se manifeste par des symptômes grippaux et guérit généralement d’elle-même en quelques jours.
■ Qui est particulièrement à risque?
Le risque de contracter la légionellose augmente avec l’âge. Les hommes sont nettement plus touchés que les femmes. Les fumeurs et les personnes dont le système immunitaire est affaibli sont également particulièrement vulnérables.
■ Ces cas sont-ils fréquents en Suisse?
Selon l’OFSP, le nombre de cas de légionellose signalés en Suisse est en hausse depuis 2001. L'an dernier, 529 cas probables et confirmés de légionellose ont été signalés à l’OFSP.D'importantes disparités régionales sont observées. Le Tessin affichait en 2024 le taux le plus élevé (13,9 cas pour 100 000 habitants), suivi de Glaris (11,3). La moyenne est plutôt basse, soit inférieure à 8, dans tous les cantons romands, allant de 3,5 dans le canton de Vaud à 7,7 à Genève.
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