Une décennie après le scandale Blatter, la crise de gouvernance du football démontre que rien n'a changé. Il est l'heure de mettre fin à la centralisation du pouvoir et de s'inspirer du modèle politique suisse, avec présidence tournante et double majoritéGianni Infantino, qui s’était fait élire en 2016 sur la promesse d’une FIFA transparente et démocratique, a paradoxalement réussi à faire regretter Sepp Blatter, s’enfermant dans une gestion autocratique et personnelle du pouvoir, se coupant d’abord des organes internes de contrôle et de gestion, puis limitant au plus strict minimum sa garde rapprochée. Onze ans après le scandale de l'hôtel Baur au Lac, la crise de gouvernance revient frapper le monde du football avec les mêmes maux. «CEO de la firme FIFA», Infantino a réduit son comité exécutif à un organe d’enregistrement, son administration à des exécutants et les 211 associations membres à des actionnaires seulement intéressés par le montant de leurs dividendes. Même ses numéros 2 et 3 n’étaient pas au courant de son idée de créer une société commerciale ouverte aux capitaux privés, alors qu’il ficelait le projet en secret avec la banque JP Morgan et le clan Trump. C’est cette perspective de voir le pouvoir échapper aux gens du football qui a provoqué cette révolte aussi brutale qu’inattendue.Le rejet quasi unanime du projet a encouragé certains opposants, notamment les Européens de l’UEFA, à tenter de pousser l’avantage et contraindre Infantino à la démission. Le président s’accroche à son poste et tente de tenir jusqu’à l’élection prévue en mars 2027 à Rabat, où il briguera un quatrième mandat. Il est pour l’heure le seul candidat officiel. Les prétendants hésitent, s’exposer est un risque qui peut être politiquement fatal, et il n’y a pas parmi les «papables» de profil idéal. Souvent cité, le président du PSG Nasser al-Khelaïfi est président de l’Union des clubs professionnels européens et siège à ce titre au comité exécutif de l’UEFA, mais il représente aussi les intérêts du Qatar, sponsor de la FIFA (Qatar Airways, beIN sport) et soutien de Gianni Infantino. Tout ceci montre que le problème est structurel.Voir plus
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