Chômage, services publics en crise, sentiment d’abandon: derrière les images de Ceuta se dessine le malaise d’une génération en quête d’avenir. ExplicationsLes images de Ceuta, où des dizaines de milliers de personnes ont tenté de franchir la frontière avec l’enclave espagnole, ont remis en lumière les difficultés auxquelles est confrontée une partie de la jeunesse marocaine. Si les circonstances de ces passages restent encore à éclaircir, cet épisode illustre un phénomène plus large: celui de jeunes qui cherchent à quitter leur pays faute de perspectives.Malgré une croissance économique de 4,6% au premier trimestre 2026, le chômage touche près d’un jeune sur trois, et près d’un diplômé sur cinq reste sans emploi. La hausse du coût de la vie et les difficultés d’accès aux soins nourrissent un sentiment de frustration. Les manifestations de l’automne 2025, menées par le mouvement GenZ 212, ont mis en évidence cette colère avant d’être réprimées.
Le Rif, une région longtemps marginalisée
Dans le nord du pays, et notamment dans la région du Rif, ces frustrations s’inscrivent dans une histoire plus ancienne. En 2016 et 2017, le Hirak du Rif (mouvement de protestation) avait déjà dénoncé le sentiment de marginalisation de cette région, réclamant davantage de développement, d’infrastructures et de justice sociale. Aujourd’hui encore, la proximité de l’Europe, située à quelques kilomètres seulement, nourrit chez certains l’idée d’un avenir plus accessible de l’autre côté de la frontière.
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