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Ecrit au début des années 1970, «Comment je me suis sortie de la merde» est un précis d’émancipation drôle et rageur
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Ecrit au début des années 1970, «Comment je me suis sortie de la merde» est un précis d’émancipation drôle et rageur

Publié le 21 September 2026 à 20:04
Auteur : Isabelle Rüf

Traductrice de Marx et de Le Corbusier, Anya Berger (1923-2018) a été la collaboratrice et la compagne de John Berger. Sa fille, Katya Berger Andreadakis, a traduit de l’anglais ce tract plein d’humour et Mona Chollet en signe la préfaceLa lunette des WC est cassée, elle a cédé sous le poids de l’homme. Celui-ci est parti sans la réparer. La femme, restée seule à élever les deux enfants, décide de la changer. «Un boulot typiquement masculin»: voilà une bonne raison pour cette militante du MLF, à l’aube des années 1970, de s’y aventurer. Comment s’y prendre quand on s’est toujours targuée d’être plus Marie que Marthe, plus intellectuelle que manuelle? Depuis l’achat de la lunette jusqu’à la victoire, après passages chez la voisine et le quincaillier, Comment je me suis sortie de la merde est l’épopée hilarante d’un combat contre la matière. Fécale, d’abord, car des strates se sont accumulées dans tous les recoins. Les doigts souillés s’acharnent ensuite sur les vis récalcitrantes, les outils inadaptés, l’huile visqueuse. L’après-midi d’un samedi y passe, sous le regard ébahi des enfants. Mais quel triomphe sur les stéréotypes de genre!

Katya Berger Andreadakis tient une photo de sa mère Anya Berger, autrice, traductrice, féministe et intellectuelle russo-britannique. A Genève, le 3 décembre 2025. — © Dorothée Thébert pour art&fiction

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