Dans «Pour tout faire, il faut une fleur», Nicolas Polli, photographe et graphiste, propose une exposition circulaire dans laquelle on peut voir Enzo Mari et Fischli & Weiss dialoguer avec de jeunes artistes dans un processus de construction et de déconstruction permanentD’où vient le titre de cette exposition? D’une chanson italienne: Pere fare tutto ci vuole un fiore, paroles de Gianni Rodari, chantées par Sergio Endrigo, explique Nicolas Polli. C’est une comptine qui rappelle l’ordre et la circularité des choses: pour faire une table, il faut du bois, pour faire du bois, il faut un arbre, pour lequel il faut une graine, pour laquelle il faut un fruit, pour lequel il faut une fleur… CQFD. Et ce qui a intéressé le commissaire de l’exposition, ce sont, précisément, les processus, ce qui mène à l’œuvre, ce qui se recycle et se rejoue, se réutilise, se réinvente.En 1974, l’artiste et designer italien Enzo Mari (1932-2020) publie un mode d’emploi très politique intitulé Autoprogettazione, que l’on pourrait traduire par «conception autonome», ou «conception par soi-même». Il s’agit d’une série de plans de meubles – tables, bureaux, lits, chaises, armoires, étagères (19 objets différents), que chacune ou chacun devrait pouvoir construire rapidement avec du bois, des clous, une scie et un marteau, afin de se meubler soi-même, élégamment, à peu de frais et avec la satisfaction d’échapper au consumérisme ambiant tout en obtenant des meubles design.Voir plus
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