EDITORIAL. Quand l'île des Caraïbes était soutenue par l'URSS, elle avait pu mettre en place un système éducatif et sanitaire très performant. Aujourd'hui, il est à la dérive. Quant à l'administration Trump, elle brutalise Cuba au lieu de l'ouvrir au monde extérieurA partir de la révolution cubaine de 1959 qui renversa le dictateur Fulgencio Batista, l’éducation à Cuba devint une priorité nationale. Une vaste campagne pour combattre l’illettrisme lancée en 1961 avait eu droit aux éloges de l’Unesco. Avec un système éducatif et sanitaire qui faisait pâlir d’envie toute l’Amérique latine, le régime castriste pouvait se targuer de vrais accomplissements. C’était une époque où l’Union soviétique soutenait massivement La Havane. L’effondrement de l’URSS a eu pour conséquence d’éroder année après année les «acquis» de la révolution. 67 ans plus tard, ils ne sont plus qu’un vague souvenir. Sans perspectives d’avenir, les jeunes Cubains fuient le pays en masse.
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L’autoritarisme du pouvoir cubain sous Fidel, puis Raúl Castro et enfin Miguel Díaz-Canel y est pour beaucoup. Le socialisme tel qu’ils ont voulu le vendre n’est depuis longtemps plus qu’un opium du peuple. Une illusion.Les Etats-Unis ont également une grande part de responsabilité. La seconde administration Trump a pris en otage tout un peuple pour faire pression sur le gouvernement cubain. Elle a coupé l’approvisionnement en pétrole que garantissait l’allié vénézuélien. Dans un élan impérialiste s’inscrivant dans la réactivation d’une vieille politique qu’on croyait à tout jamais oubliée, la doctrine Monroe, le président américain a même menacé de prendre le contrôle de Cuba. Cette brutalisation de l’île des Caraïbes dont l’importance stratégique pour les Américains est aujourd’hui insignifiante, est totalement contre-productive. Sur l’île, elle a plutôt tendance à durcir encore un peu l’attitude des bonzes du régime.
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Or tout aurait pu être très différent. Le président Barack Obama avait eu l’intelligence et la vision de penser que l’amélioration du statut des Cubains passerait par l’ouverture du régime et de Cuba au monde extérieur. La normalisation des rapports entre Washington et La Havane, puis le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays induits par le président démocrate (2009-2017) ont rapidement eu des effets positifs: échanges tous azimuts de chercheurs, de touristes et d’universitaires, aides financières accrues de la diaspora («remesas»), dynamisme nouveau à La Havane où nombre de cafés et restaurants ont soudain vu le jour. Il fallait voir, le 22 mars 2016, – Le Temps y était -, les Havanais pleurer en écoutant le discours de Barack Obama prononcé au Gran Teatro de la capitale cubaine pour prendre la mesure de l’espoir que le président américain, qui militait pour la levée de l’absurde embargo américain contre le régime, avait suscité. La première administration Trump a tout cassé. La seconde continue de martyriser Cuba. Pour le plus grand malheur de ses habitants.
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