
Le 24 août, à Kiev, deux textes ont été signés le même jour : une autorisation de transfert technologique sur le missile Scalp, et l'ouverture au Royaume-Uni, premier pays étranger admis, de la plateforme Avengers Labs, qui rassemble des millions d'images de combat annotées. La réaction russe a visé le premier accord, pas le second, ce qui suffit à nourrir un débat. Faut-il y voir un pas vers la cobelligérance, comme le pense Thierry Berthier, chercheur au Centre de recherche de Saint-Cyr Coëtquidan (CReC) ? Ou une lecture à corriger, comme le soutient Frédéric Dulin, associé chez TORUS AI, pour qui la vraie nouvelle n'est pas le partage de données mais son taux de change contre une licence de missile ? Sur la valeur réelle de ces données, sur la position française et sur ce que cet épisode annonce pour la doctrine militaire européenne, les deux experts convergent sur certains points et se séparent nettement sur d'autres. Entretien croisé.
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