[pfp_nav_auth]
«Colon ne s’écrit pas au féminin», l’ambitieuse fresque helvético-coloniale de Lolvé Tillmanns
LE TEMPS Culture & Société
Article complet

«Colon ne s’écrit pas au féminin», l’ambitieuse fresque helvético-coloniale de Lolvé Tillmanns

Publié le 08 August 2026 à 12:17
Auteur : Le Temps

En offrant une vie romanesque aux actrices et aux témoins de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, Lolvé Tillmanns contribue à exhumer et à transmettre une page méconnue de l’histoire nationaleFascinants sont les détours qu’emprunte parfois l’Histoire avant de nous parvenir. Pour que le dernier roman de Lolvé Tillmanns arrive entre nos mains, pour que la fiction s’empare d’une page édifiante des desseins coloniaux de la Suisse, il aura fallu presque deux siècles… et un apéro entre amies. Ce soir-là, au détour d’une conversation, l’autrice est interrogée sur le rôle de la Suisse dans la colonisation. La question ne lui est pas adressée par hasard: 15 ans plus tôt, alors étudiante en histoire économique, elle consacrait un travail de recherche à la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, qui sert de base documentaire à Colon ne s’écrit pas au féminin, paru en février dernier aux Editions Cousu Mouche, un an après l’exposition Mémoires – Genève dans le monde colonial, quelques semaines avant l’ouverture de Colonialisme – Une Suisse impliquée au château de Prangins et bientôt dix ans après les propos tenus par Doris Leuthard au Bénin: «Je suis contente que la Suisse n’ait jamais participé ni à ces histoires d’esclavage ni à la colonisation.»De fait, au début des années 1850, cette société financière cofondée par trois notables et banquiers a l’ambition de «développer des affaires en Algérie, faire fructifier des terres grâce au travail de bons paysans suisses» accompagnés de «quelques généreux missionnaires afin d’évangéliser les indigènes». C’est en ces termes, à l’heure du thé servi dans une porcelaine dorée, que Monsieur, «un des hommes les plus puissants de la ville» présente à Madame sa dernière trouvaille. Elle n’est pas convaincue et le fera savoir. Anne-Laure non plus, la paysanne vaudoise acculée par la misère que son mari enrôle malgré elle dans cet exil méditerranéen. Mais en 1853, que peut une femme contre la volonté des hommes et le paternalisme de toute une société?Voir plus

← Retour aux sujets

Points de vue opposés



Chargement des points de vue opposés...

Autres articles récents chez Le Temps