OPINION. Dans un rapport déposé le 1er juillet, le Conseil d’Etat genevois reconnaît que les résultats des chirurgies de réassignation dépendent du nombre annuel, et se prononce pour un centre unique en Suisse. Il désigne ensuite deux choses à faire – et ne s’engage sur aucune, écrit l’économiste et présidente d’Epicène Lynn BertholetUne phrase, dans un rapport passé inaperçu, fait tomber un tabou. Le Conseil d’Etat genevois y écrit que les actes chirurgicaux liés à l’assignation du genre «sont particulièrement lourds et complexes, avec des taux de succès très variables qui dépendent étroitement de l’expérience préalable des chirurgiennes et chirurgiens et du nombre des interventions effectuées par an».Le constat n’a pourtant rien de neuf. En juin 2015, une expertise judiciaire du professeur Stan Monstrey remise à la justice vaudoise concluait déjà que les conditions de qualité ne seraient pas réunies en Suisse tant que cette chirurgie ne serait pas concentrée dans un ou deux hôpitaux universitaires. Onze ans ont passé. Quatre hôpitaux la pratiquent toujours. Aucun n’atteint le volume qui permettrait de se spécialiser. Et aucun établissement ne publie de chiffres: ni les volumes par chirurgien, ni taux de complication. Les seules données connues sur les complications en Suisse ont été obtenues en justice, contre des assureurs qui contestent ce lien devant les tribunaux, tout en l’invoquant par ailleurs pour plaider la concentration hospitalière.Voir plus
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