Chiens et chats superstars : en Europe, la ruée vers les droits des animaux
L'EXPRESS Politique international
Article complet

Chiens et chats superstars : en Europe, la ruée vers les droits des animaux

Publié le 04 September 2026 à 05:30
Auteur : Corentin Pennarguear

En Europe, les enfants se font rares et les animaux de compagnie chaque jour plus nombreux. D'après les chiffres de l'industrie alimentaire, près d'un foyer européen sur deux vit avec un compagnon à quatre pattes : 26 % possèdent au moins un chat et 25 % au moins un chien. Les animaux de compagnie seraient 300 millions sur notre continent et, pour la première fois en avril dernier, le Parlement européen a adopté une réglementation globale consacrée à leur bien-être. Le texte prévoit notamment l'identification obligatoire des chiens et chats par puce électronique, un encadrement renforcé des élevages ou encore l'interdiction des colliers coercitifs (étrangleurs ou électriques) et de certaines mutilations, comme la coupe de la queue pour les chiens de chasse. Mais nos 300 millions d'amis ont encore des protections très variées selon leur pays. Si la France reconnaît - depuis 2015 seulement - qu'ils sont des "êtres vivants doués de sensibilité" et non plus des objets, la protection animale n'avance pas aussi vite que chez certains de nos voisins. La ruée pour les droits des animauxSuisse : les pionniers du bien-être animalDès 1973, la Suisse a fait entrer la protection des animaux et leur bien-être dans sa Constitution. Et les Helvètes maintiennent leur avance : dès 2011, la confédération helvétique a interdit l'ébouillantage des homards ou encore les delphinariums. Depuis un an, les emballages de viande et d'œufs doivent mentionner si l'animal a subi des pratiques douloureuses, comme la castration ou l'écornage. Prochain projet : un référendum populaire pour garantir l'accès à l'extérieur aux 80 millions d'animaux d'élevage suisses.Italie : le gouvernement Meloni caresse les électeurs dans le sens du poilAu cœur d'un véritable "hiver démographique", avec un taux de natalité de 1,14 enfant par femme, plus d'un foyer italien sur deux aurait des animaux. Le phénomène n'a pas échappé au gouvernement Meloni, qui multiplie les coups de pouce aux propriétaires, comme ce fonds de 250 000 euros alloué aux personnes âgées ayant des difficultés à couvrir leurs dépenses vétérinaires ou le droit à un congé pour prendre soin de son animal malade. Les sanctions pour maltraitance animale ont été accentuées, allant jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende.3922_INFOG_EUROPE_COMPARATEURSuède : tout pour les toutousA Stockholm, le bien-être animal est devenu une question de société, avec sans doute l'encadrement le plus strict d'Europe. Il est par exemple interdit de laisser son chien seul pendant plus de six heures ou de le sortir moins de deux fois par jour, sous peine d'amendes pour négligence. Emmener son animal au travail est donc entré dans les mœurs. A défaut, les Suédois doivent faire appel à des crèches canines ("hunddagis") dont le modèle a explosé ces dernières années, avec la création de plusieurs centaines dans le pays. Espagne : la corrida, question piquanteCes dernières années, Madrid ne cesse de légiférer sur la question animale, modifiant par exemple son Code civil en 2021 pour faire des animaux domestiques des êtres "doués de sensibilité". Depuis 2023, l'abandon d'un animal est puni au même titre que les mauvais traitements, avec des amendes allant de 10 000 à 50 000 euros. Mais la tauromachie reste protégée par la loi au nom du "patrimoine culturel commun", ce qui a rendu illégale l'interdiction régionale de la corrida décrétée par la Catalogne en 2010.3922_COMPARATEUR_TauromachieRoumanie : les chiens errants, un problème fixeC'est un héritage bien visible du communisme : dans les années 1980, le gouvernement avait forcé le déplacement de populations dans des barres d'immeubles, les obligeant à abandonner leurs chiens. Aujourd'hui, 600 000 chiens errants peupleraient la Roumanie. Une loi de 2013 autorise les refuges publics - dont l'état catastrophique est dénoncé par les ONG - à tuer les animaux non réclamés ou non adoptés après un délai de deux semaines. Un projet de loi de 2025 suggère de préférer la stérilisation à l'euthanasie.

Ce sujet parle de : melonisanctionsprison
← Retour aux sujets

Points de vue opposés



Chargement des points de vue opposés...

Autres articles récents chez L'Express