A mesure que les incendies violents se multiplient, l’impact des particules rejetées dans l’air fait l’objet de nouvelles études. Se propageant bien au-delà des zones sinistrées, elles exposent à un cocktail de polluants dont les effets, notamment sur les femmes enceintes et les enfants, inquiètentIl y a bien sûr les flammes, meurtrières, qui blessent et dévorent tout sur leur passage. Mais la force destructrice des feux de forêt ne se résume de loin pas au feu lui-même: les fumées affectent, elles aussi, profondément la santé. Une menace à la croissance rapide, et létale.A mesure que ces incendies violents se multiplient, attisés par le changement climatique, de plus en plus de scientifiques auscultent l’impact de la matière végétale carbonisée dans l’air. D’autant que ces fumées se propagent vite, traversant les frontières et affectant des populations loin du brasier. Chaque année, les panaches rejetés tueraient 1,5 million de personnes, «soit plus que les inondations, les incendies, les tempêtes et la canicule réunis», souligne le Guardian ce samedi, citant une étude de 2024.Parmi les premières victimes, les femmes enceintes et leurs futurs bébés, dévoile une nouvelle recherche de l’Université du Maryland, publiée ce vendredi et relayée par le Washington Post. La contribution des feux de forêt à l’exposition des fœtus aux particules fines a plus que doublé entre 2003 et 2019, période visée par les chercheurs. «Nous savons que si nous prévenons l’exposition aux PM 2,5 pendant la période prénatale, ces nourrissons deviendront des adultes en meilleure santé et plus productifs», note l’un des auteurs de l’étude dans le Washington Post.
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Fausses couches et AVC
Les PM 2,5? Des particules minuscules, au diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres, soit environ 30 fois plus fin que celui d'un cheveu humain. Celles-ci échappent aux défenses de l’organisme (les poils du nez, le mucus) et pénètrent dans les poumons – avant d’être transportées par la circulation sanguine. Une fumée qui peut ainsi s’avérer bien plus toxique que la pollution urbaine quotidienne. Comparant les hospitalisations pour troubles respiratoires liées aux feux de forêt à celles associées à la pollution atmosphérique ordinaire, due notamment au trafic routier et à l’industrie, des chercheurs californiens montraient déjà en 2021 que les fumées des incendies étaient dix fois plus toxiques.
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Outre les dommages pulmonaires (aggravation de l’asthme et de maladies respiratoires chroniques), l’OMS souligne que l’exposition aux fumées peut également provoquer des irritations des yeux et de la gorge ainsi que des maux de tête. Ces particules nocives déclenchent également des réactions inflammatoires, l’organisme cherchant à se débarrasser de ces corps étrangers. Une analyse américaine a également estimé que leur inhalation multipliait par près de deux le risque d’AVC par rapport aux PM 2,5 provenant d’autres sources. En 2023, les feux au Canada ont causé 82 000 décès prématurés, selon une étude publiée dans la revue Nature.Documenté depuis quelques années, l’impact sur les grossesses ne fait plus aucun doute. Des recherches menées en Asie du Sud-Est ont déjà établi un lien entre la fumée des feux de forêt et les fausses couches, ainsi qu’un poids inférieur à la normale à la naissance. En 2024, l’UNICEF alertait quant à lui sur la vulnérabilité des enfants de moins de cinq ans, leur respiration plus rapide les conduisant en effet à inhaler davantage d’air pollué proportionnellement à leur taille. Des conséquences pesant, sans surprise, de manière disproportionnée sur les communautés rurales et à faibles revenus.
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Cocktail chimique explosif
Le phénomène est d’autant plus dangereux qu’il est imprévisible. Car un feu de forêt évolue selon ce qu’il consume. Ainsi, une forêt de pins libère du monoxyde de carbone et d’autres composés contenus dans le bois, mais si l’incendie atteint la ville, brûlant des voitures, de la peinture, des isolants ou des appareils électroniques, le cocktail chimique explose. Le bilan humain d’une saison d’incendies peut ainsi dépendre autant de l’ampleur du sinistre que des caprices du vent, rappelle le Guardian.Cet été, les premiers chiffres font froid dans le dos, dévoile le quotidien britannique. En France, les feux de forêt ont rejeté des quantités record de pollution au cours du premier semestre et les niveaux ont atteint un «pic stupéfiant» de 342 microgrammes de PM2,5 par mètre cube à Bordeaux, le 24 juillet. S’il n’existe pas d’études à long terme, la dégradation de la qualité de l’air dans certaines grandes villes rappelle les
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