OPINION. Le contrôle d’un territoire exige des millions, tandis qu’une attaque au couteau ou au véhicule peut coûter quelques centaines de francs. La force actuelle d’Al-Qaïda et de Daech réside donc moins dans un quartier général capable de tout commander que dans leur aptitude à articuler conflits locaux, franchises régionales, propagande mondiale et mobilisation à distance, écrivent les professeurs Rémi Baudouï et Frédéric EspositoVingt-cinq ans après le 11 septembre, Al-Qaïda et Daech n’ont pas disparu: ils se sont transformés. Nous sommes passés d’organisations appuyées sur des sanctuaires à un terrorisme fragmenté en filiales régionales et cellules autonomes.Il faut distinguer leurs trajectoires. Al-Qaïda demeure à la fois centralisée et décentralisée. Un noyau dirigeant fixe les orientations, tandis que les franchises accordent une large autonomie aux branches régionales. S’y ajoute une logique de labellisation: l’organisation peut intégrer à son récit des actes de groupes affiliés, voire d’individus isolés. Al-Qaïda est moins une pyramide qu’un réseau hiérarchisé à géométrie variable.Voir plus
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