Samedi, à la veille d'un second tour qui s'annonce très serré, des milliers de Brésiliens ont manifesté pour soutenir le président sortant et son rival, illustrant la profonde fracture qui traverse le paysDes milliers de Brésiliens sont descendus dans la rue samedi pour soutenir le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva et son rival conservateur Flavio Bolsonaro, dernières démonstrations de force à la veille d'un second tour qui s'annonce très serré. Les deux candidats à la présidentielle achèvent une campagne virulente qui a montré combien le géant latino-américain reste divisé.Le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) a créé la surprise au premier tour en prenant l'avantage avec 47% des voix, contre 45% pour Lula, qui vise un quatrième mandat non consécutif.
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Juché à l'arrière d'un camion, le président sortant a fendu une marée rouge (couleur de son Parti des travailleurs) de sympathisants chantant et agitant d'immenses drapeaux le long de l'emblématique plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. A quelques jours de son 81e anniversaire, il a sautillé au rythme de la musique, serrant des mains dans la foule. Dans l'après-midi, il devait se rendre à Sao Paulo pour un nouveau bain de foule. «Ici, le peuple doit choisir: soit quelqu'un qui embrasse le drapeau national, soit quelqu'un qui embrasse le drapeau américain», a-t-il lancé d'une voix plus rauque que jamais.
Souveraineté nationale contre quête de liberté
Durant la campagne, Lula s'est posé en champion de la souveraineté nationale face aux pressions commerciales et diplomatiques du président américain Donald Trump, allié de Jair Bolsonaro. «Je suis super confiante. Je reconnais que le résultat du premier tour a été une mauvaise surprise, mais la mobilisation des gens dans les rues, c'est ce qui fait la différence», a déclaré à l'AFP Patricia Vasconcelos dos Santos Guedes, 39 ans, employée de banque. «C'est une angoisse jour après jour», a confié un autre partisan, Nicolas da Silva Alcantara Azevedo, 25 ans. «On lutte contre le fascisme, en faveur de la démocratie», a ajouté cet employé dans l'hôtellerie.
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A Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, un État du Sud-Est considéré comme un baromètre électoral, des milliers de personnes, parmi lesquelles des centaines de motards, ont rempli la Place de la Liberté pour soutenir Flavio Bolsonaro. Ces sympathisants arboraient le maillot jaune de la sélection brésilienne de foot, devenu un signe de ralliement de la droite ces dernières années. «Le parti aujourd'hui au pouvoir veut rendre les gens dépendants de l'État. Nous, nous valorisons la liberté», a expliqué Ebert Dorigo, un chef d'entreprise. «Pour améliorer sa situation, il faut travailler», a-t-il insisté, reprenant une critique récurrente du camp Bolsonaro contre les programmes sociaux de Lula. «Il est temps de changer», a estimé Joao Paulo, 37 ans, critiquant un «vieux président, complètement dépassé».Le sénateur de 45 ans prévoit ensuite de se rendre jusqu'à la résidence du quartier huppé de Barra da Tijuca, à Rio, où son père s'était rétabli après avoir été poignardé pendant sa campagne victorieuse de 2018.
Le sénateur brésilien de droite et candidat à la présidence Flavio Bolsonaro (au centre), du Parti libéral, participe à un rassemblement à Belo Horizonte, au Brésil, le 24 octobre 2026, à la veille du second tour de l'élection présidentielle. — © DOUGLAS MAGNO / AFP
Au coude à coude dans les sondages
Les enquêtes d'opinion ont montré un resserrement de l'écart entre les rivaux. Un sondage de l'institut Datafolha publié jeudi a donné les deux candidats à égalité, avec 50% d'intentions de vote chacun. Lors du dernier débat télévisé de la campagne, vendredi soir, les deux candidats n'ont pas ménagé leurs attaques malgré un ton moins virulent que lors de leur premier face-à-face, marqué par une avalanche d'insultes.Lula s'en est pris au manque d'expérience de son adversaire, tandis que Flavio Bolsonaro l'a présenté comme un candidat du passé. L'ancien syndicaliste a affirmé que son concurrent «ne connaît pas le Brésil». Le fils Bolsonaro l'a accusé d'avoir laissé un «pays ruiné» avec des idées «qui ne fonctionnent plus».
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