Particulièrement touché par les flammes il y a quatre ans, le camping mythique fait face à un été inquiétant. Entre annulations massives et pression financière, l’établissement souffre indirectement des incendies en Gironde, qui font fuir les touristesSur la route pour la Dune du Pilat, à une soixantaine de kilomètres de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, les effluves de fumées, au gré des vents, continuent de se faire sentir. La réouverture de l’autoroute A63, signe que les incendies sont de plus en plus stabilisés dans le département qui se bat contre les flammes depuis plus d’une semaine, permet de réduire le temps de trajet pour se rendre au camping de la Dune, au pied du plus haut grand erg de toute l’Europe. En arrivant au lieu de villégiature, plus d’odeur de fumée ce vendredi 31 juillet en fin de matinée, mais les conséquences de l’incendie monstre y sont tout de même palpables. Certes, quelques cris d’enfants en train de jouer et d’écouter de la musique montrent bien que le camping n’est pas vide.
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Quelques emplacements de camping-car et mobile homes sont bien occupés, mais rien à voir avec une saison normale. «Sur les six emplacements là-bas, aucun n’est occupé», compte Franck Coudrec, le directeur des lieux. Entre deux traits d’humour échangés avec des vacanciers qui l’accostent pendant qu’il fait le tour des allées, sa voix devient grave quand il revient sur les incendies en cours. «Ici, on ne l’a pas bien vécu…», admet-il, la mine fermée.
Décor du film «Camping» avec Franck Dubosc
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Le camping de la Dune est bien connu des Français. Il est celui qui a accueilli le tournage de Camping, une saga de trois films populaires, dans lequel Franck Dubosc joue un vacancier habitué de la Dune du Pilat. Le personnage est devenu culte avec sa fameuse réplique – «On n’attend pas Patrick?» – et le village vacances continue de surfer dessus. Les touristes se prennent toujours en photo, le visage glissé dans le panneau passe tête à son effigie. Mais le lieu de vacances est aussi connu pour des raisons moins réjouissantes. En 2022, quand des incendies frappaient la Teste de Buch, à l’ouest de la Gironde, le camping de la Dune a fait partie des établissements à avoir été totalement détruit par les flammes.
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Quatre ans après, les stigmates de cette catastrophe sont toujours visibles, tant dans les anciennes forêts que sur le moral des troupes. «C’est dur pour les équipes. Certains étaient déjà là en 2022. Pour nous, revivre d’importants incendies, c’est une plaie. On a l’impression de revoir les mêmes scènes qu’il y a quatre ans», confesse le directeur. Le paysage ne s’est, lui aussi, pas remis des tragiques incendies. Si d’un côté, les résidents sont aux premières loges pour admirer la Dune du Pilat, dans leurs dos, les anciennes forêts de pins sont mises à nu, ne laissant que quelques arbres debout et des troncs rabotés. «De toutes ces forêts, il ne reste plus rien», pointe Franck Coudrec.
«Un très gros manque à gagner»
Cette année, les feux n’ont pas directement menacé le camping. «Par contre on a eu des craintes pour nos amis, nos collègues d’autres campings. Avec ce que l’on a vécu, on sait ce que cela peut faire…», explique le gérant. Les responsables d’autres établissements de vacances qui ont été affectés par les flammes l’ont appelé pour lui demander conseil. «Ils me questionnent sur les démarches, veulent savoir qui il faut contacter… Le problème est que les assurances ne prennent pas toujours en charge», regrette-t-il.
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Le camping de la Dune a accueilli une soixantaine de personnes qui ont été évacuées. «On a des gens d’un peu partout. Biscarrosse, Lège, Audenge…» énumère celui qui, s’il note qu’ils «sont bien ici», comprend amplement qu’ils veulent désormais «rentrer chez eux». Franck Coudrec s’inquiète désormais de ne pas voir son camping se remplir à nouveau pour sauver la saison. Si la réouverture de l’artère routière a de quoi lui donner l’espoir de voir les camping-cars revenir, l’été est déjà bien entaché. «Pour le moment, nous sommes à entre 20% et 30% des réservations de mobile homes qui ont été annulées, 80% de nos emplacements sont aujourd’hui libres, alors que c’est avec cela que l’on fait notre chiffre d’affaires…», précise-t-il. «Pour le camping, c’est un très gros manque à gagner. D’habitude, à cette période, on est censé être pleins. En temps normal, à cette heure-ci, il y a la queue jusqu’à la barrière», souligne-t-il en désignant l’entrée du site.
«On ne peut pas se tromper d’une virgule»
Pour lui, l’enjeu est d’autant plus important
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