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Vous détestez l’Amérique? Ralph Lauren peut vous faire changer d’avis
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Vous détestez l’Amérique? Ralph Lauren peut vous faire changer d’avis

Publié le 05 September 2026 à 16:37
Auteur : Séverine Saas

La marque Ralph Lauren veut nous faire adhérer au rêve d’une Amérique heureuse et unie, loin des mécanismes de domination qui traversent le pays. On sait que c’est faux, mais on a très envie d’y croire«Sérieusement, Ralph Lauren?» Telle a été ma réaction lorsque le créateur de mode new-yorkais a été nommé chevalier de la Légion d’honneur par le président de la France, Nicolas Sarkozy. C’était en 2010. A l’époque, Barack Obama venait d’accéder au pouvoir et, avec lui, le rêve d’une société américaine plus inclusive et égalitaire. A Paris, Marc Jacobs – un autre New-Yorkais – dirigeait le prêt-à-porter de Louis Vuitton en associant savoir-faire et exubérance, tout en soutenant les causes LGBTQIA+. L’espoir des grands changements flottait dans l’air du temps. Alors pourquoi nous servir Ralph Lauren? Un immense entrepreneur, certes, mais daté, notamment parce qu’il a bâti sa fortune sur une chimère: celle d’une Amérique unie par le chic sportif et bourgeois des wasps, cette vieille élite protestante blanche de la côte Est.Seize ans plus tard, Donald Trump, un républicain anti-woke, signe son second mandat présidentiel, les inégalités économiques et sociales atteignent des niveaux historiques aux Etats-Unis, et la mode française a zappé Marc Jacobs, retourné à New York avec son irrévérence. Mais à 86 ans, Ralph Lauren, lui, est toujours là, et son empire du style se porte mieux que jamais (lire notre enquête). De New York à Shanghai en passant par Zurich, la jeunesse stylée s’arrache ses vêtements floqués d’un joueur de polo sur un cheval, tandis que les images de ses défilés tournent en boucle sur les réseaux sociaux.Voir plus

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