Le Conseil des Etats se penchera lundi sur la question de l’augmentation des fonds propres des filiales d’UBS à l’étranger. La grande banque ne cesse de répéter que cette exigence pourrait avoir une incidence sur les sociétés suisses. Décryptage
Comprendre la question des fonds propres durs de la «Lex UBS»
Publié le 22 avril 2026 à 16:00. / Modifié le 04 mai 2026 à 21:18.
Appelés aussi CET1, les fonds propres durs doivent permettre à une banque de faire face à de potentielles pertes et de maintenir sa stabilité en période de crise. Il s’agit du capital de la meilleure qualité, c’est-à-dire essentiellement d’actions ordinaires et de réserves accumulées, grâce auxquelles un établissement en difficulté peut demeurer en activité.Via la «Lex UBS», les autorités fédérales veulent qu’UBS dispose de suffisamment de fonds propres durs pour couvrir l’intégralité de la valeur de ses filiales à l’étranger. Le but est d’éviter qu’en cas de problème majeur tous les risques soient portés par la maison mère en Suisse.Actuellement, UBS doit couvrir environ 45% de la valeur comptable de ses filiales à l’étranger au moyen de CET1. Si la valeur de sa filiale européenne, par exemple, diminue de 1 franc, seuls 45 centimes pourront être absorbés, et 55 centimes resteront à la charge de la maison mère helvétique, ce qui pourrait la déstabiliser. Avec la proposition du Conseil fédéral, ces risques seront supportés par les actionnaires de la banque, et non par les contribuables, comme ce fut le cas avec Credit Suisse.UBS s’est beaucoup développée à l’international. Ses filiales américaines sont nettement plus importantes que ses entités suisses et présentent un risque notable pour la maison mère helvétique en cas de difficulté. L’établissement zurichois est aussi l’unique banque systémique globale dont le bilan représente quasiment le double du produit intérieur brut du pays où se trouve son siège.
Un peu de clarté sera apportée au dossier UBS la semaine prochaine. Les 10 et 11 août, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats se penchera de nouveau sur les exigences réglementaires en matière de fonds propres (de l’argent permettant de faire face à une crise) des filiales à l’étranger du numéro un bancaire suisse. Une question qui divise fortement.Voir plus
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