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Pour la BNS, pas de «Qu’importe!»
LE TEMPS Économie
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Pour la BNS, pas de «Qu’importe!»

Publié le 14 September 2026 à 05:08
Auteur : Valérie Lemaigre

CHRONIQUE. La rentrée interroge la politique monétaire accommodante de la Banque nationale suisse, alors que le franc pourrait servir à financer l’endettement étranger. L’autorité helvétique pourrait devoir ajuster sa stratégie plus vite que prévuMalgré la canicule qui joue les prolongations, la rentrée scolaire marque la fin de la récréation. Ce ne sont ni les valeurs technologiques, ni énergétiques qui sont inquiétées mais plus directement les trajectoires des taux d’intérêt. Les taux de longues maturités, en particulier à 30 ans, s’ajustent finalement à un changement de régime d’inflation, plus résiliente, et à une prime de détention de dette de longue période: rien d’anormal, plutôt fondamental.A plus court terme, la désinflation importée, utilisée en début d’année pour quémander des baisses de taux d’intérêt aux Etats-Unis et en zone euro, préoccupe les investisseurs, qui réclament et anticipent cette fois des hausses de taux de la part des autorités monétaires. Risque d’inflation importée, qu’importe? Les banquiers centraux peuvent difficilement y faire face avec leurs instruments alors que, plus fondamentale, l’inflation domestique suit une trajectoire plus rassurante; preuve de la maîtrise des effets secondaires des prix énergétiques, les salaires progressent modérément.
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Intrigant d’ailleurs ce tassement salarial, en particulier aux Etats-Unis, dans un environnement où l’emploi progresse et les taux de chômage se figent au plus bas. N’y aurait-il pas un effet IA dans les politiques d’engagement et de licenciement? En effet, les fonctions cibles du grand remplacement par l’intelligence artificielle sont des fonctions qualifiées (développeurs dans l’informatique, personnels du marketing et de la vente par exemple) avec des salaires supérieurs. Elles ne gonflent pas les chiffres du chômage car sont agiles à se recycler mais à des rémunérations inférieures puisque étant en concurrence avec l’IA. S’ajoutent à cet élément les premiers résultats de productivité rehaussée par cette même technologie qui freine la progression du coût unitaire du travail pour le plus grand avantage de la profitabilité des entreprises, peu enclines à reporter dans les prix finaux la hausse des coûts importés.
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Une douce pression sur la BNS
Est-ce à dire que la Suisse et son autorité monétaire, la Banque nationale suisse, en sont aussi à ce stade? Ce n’est pas l’avis des investisseurs qui ne prêtent à la BNS aucune velléité de remonter les taux avant l’an prochain. Pourtant, les prix des biens de consommation importés progressent à plus de 1,5% et sont particulièrement sensibles à la valeur du franc face à l’euro, qui s’est récemment déprécié. Aujourd’hui, seul parmi les devises à faibles taux (le yen ayant quitté ce petit cercle fermé), le franc pourrait bien servir à financer l’endettement des étrangers, en particulier dans un environnement de taux d’intérêt où le high for long peut stimuler les arbitrages au détriment du franc.La politique monétaire accommodante de la BNS pourrait ainsi, plus rapidement que prévu, devoir s’ajuster pour au moins compenser l’inflation par des taux d’intérêt plus neutres. Cela ralentirait probablement l’accélération des prêts hypothécaires et des intérêts qui, tôt ou tard pour le propriétaire occupant, ne pourront plus être déduits. Mieux vaut sans doute prévenir que guérir. La BNS pourrait-elle de nouveau surprendre? En tout cas, pour elle, pas de «Qu’importe!».
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