Certains tests de la plateforme du Secrétariat d’Etat à Economie qui a connu d’importants bugs informatiques dès janvier n’avaient pas été concluants, selon des informations de «Blick» publiées samedi. Le Seco estime qu'ils l'étaientC’est une affaire qui n’en finit pas de faire parler d’elle: on s’en souvient, le passage du Secrétariat d’Etat à l’Economie (Seco) au nouveau système de paiement SIPAC 2.0 au début de l’année a entraîné des difficultés dans le versement des indemnités de chômage. Certaines personnes ont dû les attendre longtemps et solliciter des avances. Mi-juin, le Seco assurait au Temps que depuis mars, il n’existe plus de retard de paiement pour les personnes dont le droit aux prestations a été établi et que les retards dans le traitement des nouvelles demandes continuent de diminuer. La vitesse de traitement attendue devait être atteinte à la fin du mois.De nouvelles informations du Blick, parues samedi, pourraient jeter un nouvel éclairage sur cette affaire. Le média revient sur le contexte: jusqu’à fin 2025, les 32 caisses d’assurance chômage suisses utilisaient un système informatique datant des années 1980. La nouvelle plateforme SIPAC 2.0 visait à standardiser les processus et à centraliser l’informatique au Seco. Mais son introduction s’est accompagnée des problèmes techniques que l’on connaît.Auraient-ils pu être évités? Comme l’avait relevé Le Temps fin janvier, le Contrôle fédéral des finances (CDF) avait livré six audits très critiques ces dernières années sur le pilotage de ce projet démarré en 2017. En août 2025, le CDF avait publié un dernier audit sur la mise en service de Sipac 2.0: Des progrès ont été constatés dans la conduite et le pilotage du projet et le document parlait d’un «optimisme prudent» quant à la réussite du déploiement. Mais précisait aussi: «Compte tenu du grand retard à rattraper, l’achèvement du projet reste un défi pour le Seco.»
Lire aussi: Le nouveau système de paiement des indemnités de chômage, itinéraire d’une catastrophe annoncée
Défaillance en matière de sécurité et architecture informatique
Rappelant l’existence de ces audits, Blick y ajoute le contenu de rapports confidentiels qu'il a pu consulter. Dans les mois précédant le lancement, le Seco a fait tester la plateforme de manière approfondie. La société informatique zurichoise Eraneos a examiné sa sécurité, puisque Sipac 2.0 stocke des données sensibles concernant des centaines de milliers de demandeurs d’emploi. Parallèlement, Deloitte a analysé l’architecture informatique, c’est-à-dire l’intégrité structurelle du système. Or ni l’un ni l’autre n’ont été validés par les testeurs, assure le journal. Concernant la sécurité, les experts ont relevé 71 défaillances, dont 27 de priorité élevée ou critique. Des mesures correctives ont été jugées nécessaires à différents niveaux.L’analyse de l’architecture a également révélé de nombreux problèmes: Les évaluateurs ont critiqué la complexité inutile de la plateforme. Par conséquent, Sipac 2.0 s’est révélée peu conviviale et difficile à maintenir après sa mise en service. Une autre critique majeure concernait les performances, et plus précisément le temps de réponse du système, par exemple lorsqu’un agent saisissait des informations sur un demandeur d’emploi. Selon les testeurs, il était totalement impossible de savoir si la plateforme répondrait aux exigences.Le Seco aurait dû reporter le lancement au vu des dysfonctionnements, a réagi le professeur à la Haute École spécialisée bernoise Matthias Stürmer. Mais le Secrétariat d’Etat à l’Economie a pour sa part répondu au Blick que «tous les problèmes de sécurité jugés pertinents ont été résolus avant la mise en service.» Et nie par ailleurs avoir connaissance de problèmes techniques qui persisteraient à ce jour.
Lire aussi: «Les dossiers en attente diminuent, mais il faudra plusieurs semaines avant que nous soyons dans le vert»: les retards persistent pour le versement des indemnités chômage
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.