TOUS DES NULS. Lorsqu’un politicien «prend acte» d’une défaite dans les urnes, il constate, note, entérine mais ne reconnaît rien d’autre qu’un fait brut. L’expression – toute suisse – agit comme une cuirasse de langage: elle met à distance la blessure de la défaite et lui permet de sauver la face, écrit le comédien et metteur en scène Frédéric RecrosioEn Suisse, l’action d’un élu est bridée au quotidien. Dès lors, ce qui lui arrive le plus souvent est la défaite, quand ce n’est pas carrément le désaveu, quand ce n’est pas carrément l’humiliation…Minorisé par ses collègues en conseil, par le peuple en votation ou par le reste du monde quand lui sont refusés ses Jeux olympiques, la réaction du politicien suisse se résume à cette parade: trois mots, toujours les mêmes – «je prends acte».Voir plus
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