Publié au «Journal officiel» mercredi, le texte crée un droit à l'aide à mourir sous plusieurs conditions, pour certains patients, leur permettant de s'administrer un produit létal en présence d'un soignant. Avant sa mise en pratique, plusieurs décrets d'application sont nécessairesLa France rejoint le cercle relativement restreint des pays ayant déjà ouvert le droit à l'aide à mourir, de la Belgique aux Pays-Bas en passant par la Suisse, le Canada ou l'Uruguay. La loi française a été publiée mercredi au Journal officiel dans le sillage de sa promulgation par le président Emmanuel Macron.
A ce propos: Le parlement français adopte l’aide à mourir. Que dit le texte définitif?
Ce texte, validé par le Conseil constitutionnel la semaine dernière avec quelques réserves, crée un droit à l'aide à mourir, sous plusieurs conditions, pour certains patients, leur permettant de s'administrer un produit létal en présence d'un soignant. Si, et seulement si, le patient ne peut accomplir physiquement le geste, le soignant peut s'en charger.Plusieurs conditions doivent se cumuler. Le patient doit être majeur, Français ou résident de longue date, être atteint d'une affection «grave et incurable» en phase terminale ou «avancée», souffrir physiquement de manière insupportable et être capable d'exprimer un choix éclairé jusqu'au dernier moment. Une procédure, menée par un seul médecin mais demandant à solliciter d'autres acteurs, doit permettre de déterminer si un patient est éligible ou non.Avant que les soignants ne soient en mesure de mettre en pratique le texte, adopté définitivement au parlement mi-juillet, le gouvernement devra publier les décrets d'application nécessaires.
Plusieurs années de débats
Dans une décision rendue vendredi, le Conseil constitutionnel, présidé par Richard Ferrand, avait estimé qu'aucune disposition de cette loi, considérée comme une réforme sociétale majeure du second quinquennat d'Emmanuel Macron, n'enfreignait la Constitution. Le chef de l'Etat avait salué une décision «qui parachève un débat démocratique exemplaire».
Lire encore: Aide à mourir: la preuve que la démocratie française peut encore fonctionner malgré la guerre culturelle
L'ex-député MoDem Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi, avait aussi accueilli «une très grande avancée qui se concrétise enfin!» A l'inverse, la Fondation Jérôme Lejeune s'était dite «indignée» par cette décision, suivie par l'association Les Eligibles et leurs aidants qui dénonce «le danger total de cette loi pour les plus vulnérables».Le texte, qui a d'abord donné lieu à une convention citoyenne à la demande d'Emmanuel Macron puis à de nombreux allers-retours législatifs, réveille des clivages sociétaux, avec la large opposition de milieux religieux ainsi que de certains soignants.Les cinq saisines – un nombre élevé – adressées au Conseil témoignaient encore de ces débats. L'une d'elles, de manière inhabituelle, émanait du premier ministre lui-même, Sébastien Lecornu, à la tête d'un gouvernement réunissant le camp macroniste - plutôt favorable au texte mais pas de manière uniforme – et les Républicains – largement opposés.
Et aussi: «Pas un acte banal.» Les vraies et les fausses craintes du débat français sur l’aide à mourir vues de Suisse
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.