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«La fusillade d’Aarau va entraîner un renforcement de la sécurité des manifestations»
LE TEMPS Sécurité
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«La fusillade d’Aarau va entraîner un renforcement de la sécurité des manifestations»

Publié le 31 August 2026 à 14:58
Auteur : Yan Pauchard

Après la fusillade qui a fait un mort et cinq blessés à la fin d’une rave party samedi en Argovie, André Duvillard, ex-responsable du Réseau national de sécurité, s’attend à un tournant dans la sécurisation des manifestations. Contrôles renforcés, voire portiques, le drame va provoquer selon lui un changement de paradigme comme après la tuerie de Zoug en 2001La Suisse s’est réveillée dimanche matin sous le choc, après la fusillade qui a éclaté vers 2h30 à la fin d’une rave party sur l’hippodrome du Schachen, à Aarau. Le drame a fait un mort, une Italienne de 22 ans, et cinq blessés. Les questions demeurent nombreuses à ce stade. Mais pour André Duvillard, ex-responsable du Réseau national de sécurité (RNS) et ancien commandant de la police cantonale neuchâteloise, il est certain que le drame va provoquer un changement de paradigme et entraîner un renforcement des mesures de sécurité lors des manifestations en Suisse. Interview.Il y a encore beaucoup d’inconnues autour de la fusillade d’Aarau, mais qu’est-ce que ce drame vous inspire?Ce sont à chaque fois des événements terribles qui mettent à mal une certaine conception de la sécurité que nous avons réussi à préserver en Suisse. Chaque drame de ce type est un traumatisme qui débouche sur un renforcement sécuritaire sans retour en arrière. Au-delà du nombre de victimes, l’émotion promet d’être forte. Aarau, ce n’est pas un grand centre urbain comme Genève ou Zurich. C’est la ville moyenne typique de Suisse, paisible, où l’on organise de très nombreuses manifestations. Qu’une telle tragédie s’y produise montre que personne n’est à l’abri. On parle ici d’une rave party avec environ 3000 participants, c’est la taille que l’on retrouve dans des centaines de festivals à travers le pays. La fusillade de ce week-end aura un impact durable.

Andre Duvillard, photographié à Lausanne en octobre 2025. — © CYRIL ZINGARO / KEYSTONE

Lire aussi: Après la tuerie d’Aarau, la police continue de traquer le ou les auteurs des coups de feuQuel pourrait être cet impact?Il y a eu d’autres fusillades dans notre histoire récente, comme celle du village de Daillon en Valais (ndlr: elle avait fait trois morts et deux blessés graves en janvier 2013). Mais il faut peut-être remonter à la tuerie du Parlement de Zoug il y a 25 ans pour retrouver un événement de la même portée. Cette dernière a laissé des traces profondes. Des mesures ont été prises partout en Suisse. On a commencé à voir des policiers à l’intérieur des Parlements cantonaux, voire communaux. J’étais alors à la police cantonale neuchâteloise. Je me souviens parfaitement de tout ce que cela a impliqué pour la sécurisation des administrations publiques. Je peux fort bien imaginer qu’au vu du fort impact émotionnel de ce qui s’est passé samedi, on va revivre quelque chose de similaire. Dans le cas d’Aarau, nous sommes dans le contexte d’une manifestation publique. Cela aura des répercussions sur la sécurité des rassemblements populaires. Je ne connais pas tous les détails du drame de ce week-end. Mais, indépendamment de l’origine des tirs ou de la motivation de l’auteur (terrorisme, règlement de comptes…), la question centrale est aujourd’hui de comprendre comment des armes à feu ont pu entrer sur le périmètre de cet hippodrome. Il y aura des réflexions, entre autres pour renforcer le contrôle physique des personnes à l’entrée des manifestations.
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Quelles mesures, par exemple?La plupart des cantons exigent déjà un concept de sécurité strict pour autoriser une manifestation. Mais faut-il aller plus loin que la fouille des sacs à l’entrée en introduisant par exemple des portiques à rayons X comme dans certains pays? C’est une mesure extrême, mais je suis persuadé que, depuis samedi, des responsables de festivals doivent se poser la question. On l’a vu après plusieurs attentats au camion-bélier, comme à Nice ou sur des marchés de Noël en Allemagne, il n’y a plus la moindre fête populaire où les accès ne sont pas protégés par des blocs en béton ou des barrières. À la Fête des Vendanges de Neuchâtel, par exemple, tous les accès sont fermés, ce qu’on ne faisait pas il y a dix ans. On le voit même pour les Fêtes du 1er Août dans de petites communes où les rues latérales sont fermées.
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On a souvent l’impression, peut-être à tort, que ce genre de chose n’arrive qu’ailleurs. Est-ce que cette fusillade marque la fin d’une forme d’insouciance suisse en matière de sécurité?J’ai toujours répété, notamment sur la question du djihadisme, qu’on a trop longtemps cultivé l’idée que nous étions une île épargnée par le reste du monde. On se plaît à citer en exemple nos conseillers fédéraux qui prennent le train sans escorte. Mais la fréquence et l’intensité de tels

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