Les huit stades parsemés sur un territoire de la taille de l’Arc lémanique ont concentré toutes les controverses d’une édition qui, sur place, a aussi eu un certain charmeLa Coupe du monde 2022, organisée du 20 novembre au 18 décembre au Qatar, restera à bien des égards un cas singulier dans l’histoire de la compétition. Ce fut la première édition déplacée en hiver (pour l’hémisphère Nord), ce qui devrait se reproduire en 2034 en Arabie saoudite, mais aussi la première à tenir dans un si petit pays: le territoire de la péninsule, d’environ 12 000 km², est plus ou moins équivalent à la Suisse romande, et ce n’est même pas comme s’il avait été exploité dans son entièreté. Soixante-cinq kilomètres seulement séparent les deux stades les plus éloignés, celui de la ville côtière d’Al Khor en plein désert et celui d’Al Wakrah, dans l’agglomération de Doha. Imaginez un Mondial entre Lausanne et Genève dans huit stades, dont sept nouveaux ou complètement rénovés, qui ont concentré toutes les controverses de l’édition, mais aussi sa beauté particulière.Commençons par les scandales. En soi, la construction simultanée d’autant de grands stades (de 45 000 à 90 000 sièges) dans un pays où les matchs du championnat de football local peinent à réunir 10 000 personnes relevait du gigantisme le plus décomplexé, ce qui a suscité bien des critiques sur le plan écologique. Plusieurs ONG et une large frange du public, dans le monde occidental tout du moins, ont commencé à parler du «Mondial de la honte» après la publication d’une enquête du Guardian dénonçant les conditions de travail, notamment sur les chantiers des stades, de la main-d’œuvre étrangère au Qatar (qui représente environ 90% de la population du pays). Les chiffres ont parfois été mal interprétés, mais, dans l’opinion publique, la conviction que de trop nombreux ouvriers étaient morts en construisant les infrastructures est restée ancrée. Les responsables, même ceux de l’Organisation internationale du travail, n’ont pas réussi à faire entendre que la préparation du tournoi avait aussi permis de faire évoluer positivement la réalité du travail au Qatar pour les travailleurs migrants.Voir plus
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