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La chaleur tue. L’inaction politique aussi
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La chaleur tue. L’inaction politique aussi

Publié le 29 July 2026 à 12:25
Auteur : Le Temps

OPINION. Soigner ne consiste plus seulement à prescrire des traitements, c’est aussi prévenir les conséquences sanitaires du changement climatique, écrivent les Drs Bideau et Corajod et la Pre Sommer, qui demandent une task force nationale. Inciter une population à s’enfermer plusieurs semaines chaque été ne suffira pas…En avril 2024, la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la Suisse pour son inaction face au changement climatique. Pour la première fois, une juridiction internationale rappelait qu’un Etat a l’obligation de protéger sa population contre les conséquences sanitaires du réchauffement climatique.Deux ans plus tard, qu’a-t-on changé?La Suisse s’apprête à vivre sa quatrième vague de chaleur en trois mois. Les records de température tombent les uns après les autres. Les personnes âgées meurent davantage. Les services d’urgence se remplissent. Les médecins voient affluer des patients déshydratés, épuisés, fragilisés par des maladies chroniques que la chaleur décompense. Pourtant, la réponse politique reste largement inchangée.
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La crise environnementale est devenue une crise de santé publique
Le constat scientifique, lui, ne souffre plus d’aucune contestation. Le changement climatique, provoqué par les activités humaines, est l’une des principales menaces sanitaires du XXIe siècle. Nous n’avons plus affaire à une crise environnementale qui concernerait les générations futures. Nous faisons face à une crise de santé publique qui frappe aujourd’hui. La chaleur n’est d’ailleurs qu’une des manifestations de cette crise. Les incendies de forêt, qui se multiplient partout en Europe, détruisent des écosystèmes, menacent la biodiversité, provoquent des déplacements de populations et exposent des millions de personnes à des fumées toxiques responsables d’atteintes respiratoires, cardiovasculaires et psychiques. Même lorsque les flammes ne franchissent pas nos frontières, leurs conséquences sanitaires nous concernent déjà. Et dans un climat qui continue de se réchauffer, la Suisse ne pourra pas durablement se croire à l’abri.Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les dernières vagues de chaleur ont provoqué plus de 10 000 décès excédentaires en Europe. En Suisse également, la mortalité augmente lors des épisodes caniculaires, en particulier chez les personnes âgées. Ces décès ne sont pas des fatalités. Ils sont, pour une part importante, évitables.A chaque canicule, le même scénario se répète. Les autorités demandent aux personnes âgées de boire davantage, de fermer leurs volets et de rester chez elles. Ces recommandations sont utiles, mais elles ne peuvent constituer une politique de santé publique. On ne protégera pas durablement une population en lui demandant de s’enfermer plusieurs semaines chaque été.
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Nous avons déjà connu cela. Pendant la pandémie de Covid-19, l’isolement prolongé a laissé des traces profondes: augmentation des troubles anxieux et dépressifs, aggravation de certaines addictions, détérioration de la santé mentale des jeunes comme des aînés. Allons-nous accepter que les canicules transforment progressivement nos logements en refuges où les plus vulnérables devront vivre et peut-être mourir confinés chaque été?
Les effets sanitaires prononcés des canicules
Comme médecins de premier recours, nous sommes en première ligne. Nous ne parlons pas d’une menace théorique. Nous observons chaque jour les effets du changement climatique sur la santé de nos patients. Les canicules aggravent les maladies cardiovasculaires, respiratoires et rénales. Elles augmentent les chutes, la déshydratation, la perte d’autonomie et la mortalité. Ce que nous voyons aujourd’hui annonce ce que deviendra notre pratique si rien ne change.Soigner ne consiste plus seulement à prescrire des traitements. Soigner, aujourd’hui, c’est aussi prévenir les conséquences sanitaires du changement climatique.C’est avec cette conviction que nous avons lancé la campagne «12 mois – 12 actions» destinée à promouvoir des mesures dont les bénéfices sont doubles: améliorer la santé tout en réduisant notre impact environnemental. Marcher davantage, végétaliser son alimentation, développer les espaces verts ou favoriser les mobilités actives: ces mesures réduisent les émissions de gaz à effet de serre tout en diminuant les maladies cardiovasculaires, respiratoires et métaboliques. Les politiques climatiques sont aussi des politiques de prévention.
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Mais l’engagement des professionnels de santé ne remplacera jamais une véritable volonté politique.
La santé, objectif de la politique climatique suisse
La santé

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