CHRONIQUE. Accusé notamment de plagiat, le jeune professeur de Cambridge qui s’est donné la mort le mois dernier a servi de cible commode à des redresseurs de tort tout sauf irréprochables. «La Tache», de Philip Roth, met en lumière une entreprise de démolition similaireQu’est-ce qui a tué Jason Arday, ce jeune professeur de Cambridge d’origine africaine qui s’est suicidé en août dernier, après qu’une féroce campagne médiatique eut révélé les plagiats et les mensonges qui entachaient son parcours? Qui porte vraiment le poids moral de sa mort? Le premier réflexe est d’accuser le volontarisme bienveillant qui a propulsé une personnalité vulnérable au sommet de la pyramide sociale et académique pour en faire un symbole vivant, sans se soucier des contrecoups. Son suicide ne serait ainsi que la démonstration tragique de l’échec programmé des politiques d’inclusion, dont l’aveuglement idéologique nourrit maintes illusions dangereuses.Du point de vue factuel, les arguments semblent imparables. 1. Au vu de son curriculum tronqué, Jason Arday n’avait objectivement pas sa place à Cambridge. 2. Qui a dénoncé ses impostures successives n’a fait qu’exercer son droit à une légitime et salutaire liberté d’expression. Bref, c’est l’hypocrite système du «politiquement correct» qui a tué Jason Arday. Rien d’autre. Si crime il y a, au bout du compte, il est parfait, car invisible.Voir plus
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