ÉDITO. Longtemps réservée aux adultes, la lutte contre les signes de l’âge s’invite désormais dans les routines «skincare» des adolescentes. Entre réseaux sociaux, injonctions à la perfection et promesses cosmétiques, pourquoi apprend-on si tôt à avoir peur du temps qui passe?A quel âge commence-t-on à avoir peur de vieillir? Lorsque j’étais adolescente, mes supposés alliés en termes de cosmétique s’appelaient «Eau précieuse» et «Pâte grise de Payot» – une pensée ici à celles et ceux dont la mémoire olfactive a durablement été marquée par l’odeur goudronneuse de la composition d’origine. Des produits avec lesquels je tentais tant bien que mal de lutter contre la floraison intempestive de mon visage. En somme, ma peau était source de préoccupation parce que j’avais tendance à ressembler à une calculette alors que les magazines nous montraient des modèles à la peau parfaite.A l’heure des réseaux sociaux, les mécanismes qui nous enjoignent de tendre vers un idéal n’ont pas vraiment changé. Sauf qu’aujourd’hui, c’est à grand renfort de rétinol, de volufiline et de polydésoxyribonucléotides (abrégés PDRN, à savoir de l’ADN de sperme de saumon ou de truite fragmenté puis purifié (!), vendus comme des actifs anti-âge, que certains jeunes prennent aujourd’hui soin de leur peau. Les boutons sont toujours des cibles à abattre, mais l’anticipation du vieillissement, qui semble apparaître de plus en plus tôt, s’est rajoutée à l’équation. Et l’industrie cosmétique a bien compris ce glissement qui consiste à prévenir, désormais très à l’avance, plutôt que guérir.Voir plus
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