Guerre en Ukraine : Banderol, l'arme russe "low-cost" qui épuise la défense antiaérienne de Kiev
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Guerre en Ukraine : Banderol, l'arme russe "low-cost" qui épuise la défense antiaérienne de Kiev

Publié le 21 August 2026 à 08:46
Auteur : L'Express

Moscou continue de mettre sous pression Kiev. La capitale ukrainienne et ses environs ont été la cible, jeudi 20 août très tôt, d'une nouvelle pluie de missiles orchestrée par l'armée russe. Une nouvelle attaque d'ampleur qui a fait au moins 16 morts et une quarantaine de blessés.Malgré un bilan humain déjà lourd, l'armée ukrainienne aurait réussi à intercepter, au cours d'un tir de barrage, des drones de type Shahed et des missiles de croisière, dont un certain Banderol S8000. Dans l'attaque russe du 9 août dernier, pas moins de 11 missiles de ce type avaient déjà été repérés, selon les informations du journal Ukrainska Pravda. Un missile testé dès 2024Si ce missile de croisière, à mi-chemin avec le drone d'attaque à réaction, aurait commencé à être testé dès 2024, selon les déclarations du porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Yurii Ihnat, ce n'est que depuis le printemps 2025 qu'il aurait atteint le sol ukrainien, avec certitude. Depuis, cette arme gagne du terrain. "Colis postal" en russe, le Banderol détonne pour sa taille. Son ogive, la partie contenant la charge destructive, est particulièrement petite. En tout est pour tout, 50 kilos d'explosifs peuvent se loger dans les 114 kilos disponibles. C'est nettement moins que les charges des missiles de croisière russes, tels que le Iskander-K ou le Kh-101, qui peut transporter des ogives d'une charge globale quatre fois plus élevée. Le Kh-101 dispose même d'une double ogive depuis quelques années, faisant grimper sa capacité maximale à 800 ou 900 kilos. Malgré sa légèreté, il ne peut atteindre qu'une vitesse de 600 km/h et n'évoluer que jusqu'à 2 000 mètres d'altitude. Autre différence majeure avec le Kh101 : le premier est lancé depuis des bombardiers stratégiques situés à plusieurs milliers de kilomètres. Le Banderol, quant à lui, lancé depuis des drones ou des hélicoptères dispose d'une portée maximum de 500 kilomètres, le rendant pour l'heure inadapté aux régions les plus à l'ouest de l'Ukraine et proches de la frontière avec l'Union Européenne. A l'inverse, ce missile de croisière souvent tiré depuis la Crimée occupée, a pour principale cible, depuis une année, la ville d'Odessa. Selon les analystes ukrainiens d'OSINT chez Oko Gora, environ 70 % des Banderol lancés ont visé la région. Vladyslav Vlasiuk, commissaire aux sanctions pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, établit de son côté que 80 % des attaques russes contre les infrastructures d'Odessa auraient été menées par ce nouveau missile de croisière. L'avantage du low-costMais alors pourquoi, malgré ses faiblesses, le S8000 est-elle une arme privilégiée par la Russie ? La réponse est en partie financière. Habituellement, la production d'un missile de croisière russe peut coûter autour de 685 000 euros. Les coûts de fabrication du Banderol sont estimés entre 42 500 et 127 500 euros. Une partie des composants internes du Banderol proviennent de l'étranger : le moteur à turboréacteur Swiwin est fabriqué en Chine, le matériel électronique aux Etats-Unis, en Europe et ou encore au Japon. Nécessitant peu de dépenses financières, le Banderol présente un avantage grâce à la possibilité d'en fabriquer un nombre plus important. Selon les données de la DIU (Direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien) qu'a consultées Ukrainska Pravda, la production russe serait de 80 missiles Banderol par mois avec un objectif de 1 000 à la fin de l'année.Le "missile spam"Une production massive et des attaques répétées qui permettent d'impacter sévèrement et de garder sous pression la défense ukrainienne. C'est la stratégie dite du "missile spam". D'autant plus que contrairement aux drones Shahed - aussi lancés ce jeudi -, les systèmes de défense capables de contrer un Banderol doivent être plus performants, et donc représentent des coûts bien supérieurs pour la défense ukrainienne. Ils permettent a fortiori d'écouler les stocks des intercepteurs ukrainiens en vue de futures attaques menées cette fois-ci par des missiles aux dégâts plus importants comme le Kh-101.A l'automne 2025, les missiles Banderol avaient disparu. Selon les hypothèses avancées par le renseignement ukrainien, cette pause aurait notamment permis à Moscou d'évaluer les performances du missile après ses premières utilisations au combat, de procéder à des améliorations et de préparer sa production à plus grande échelle, tout en constituant des stocks. Il est toutefois possible qu'une de leur usine ait aussi été touchée.La Russie a finalement repris les frappes de Banderol en mai 2026. Depuis, des tirs ont été recensés presque tous les jours, affirment nos confrères d'Ukrainska Pravda.

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