Le principal taux directeur passe à 2,5%. La Banque centrale européenne prévient que l’inflation devrait rester nettement supérieure à l’objectif de 2% pendant une période prolongéeConfrontée à l’envolée des prix de l’énergie alimentée par la guerre au Moyen-Orient, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux jeudi. Elle a également averti que les perspectives restaient incertaines, maintenant ainsi la possibilité d’un resserrement supplémentaire.Le principal taux directeur, sur les dépôts, a été relevé d’un quart de point, à 2,5%, à l’issue d’une réunion de politique monétaire délocalisée à Berlin. Il s’agit de la deuxième hausse cette année. Et la présidente Christine Lagarde a laissé entendre que la BCE n’en a pas fini avec le cycle de hausse de taux, même si elle a martelé devant la presse qu’aucun débat en ce sens n’a été mené lors de la réunion de politique monétaire.«Le conflit au Moyen-Orient continue de générer des pressions inflationnistes et l’inflation devrait rester nettement supérieure à notre objectif pendant une période prolongée», a-t-elle expliqué.
Inflation au plus haut depuis 2023
Dans une zone euro fortement dépendante des importations d’énergie, l’inflation a atteint en août 3,3%, le plus haut niveau depuis trois ans, bien au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la BCE.L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix des biens les plus volatils (dont l’énergie et l’alimentation), a toutefois légèrement ralenti à 2,4% sur un an. Or la BCE craint que le présent choc énergétique ne finisse par se diffuser à l’ensemble de l’économie par des effets dits de second tour, si les salariés réclament des hausses de leurs rémunérations pour compenser la perte de pouvoir d’achat et que les entreprises répercutent leurs coûts plus élevés dans leurs prix.En relevant ses taux, la BCE renchérit le crédit immobilier, les prêts aux entreprises et le coût du financement public. L’objectif est de freiner progressivement la demande et de limiter la capacité des entreprises à augmenter leurs prix.
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Prochain pas de la BCE incertain
Les nouvelles prévisions économiques publiées jeudi montrent pourquoi l’institution estime disposer encore d’une marge de manœuvre pour agir malgré un contexte géopolitique tendu. Pour 2026, l’institution de Francfort a maintenu sa prévision d’inflation à 3,0%, comme en juin, et l’a relevée à 2,5% en 2027, contre 2,3% auparavant.Elle a légèrement amélioré sa prévision de croissance à 0,9% cette année, contre 0,8% auparavant, grâce à l’Allemagne. La première économie européenne a fait mieux qu’attendu au premier semestre. Le PIB grimperait ensuite de 1,4% en 2027, puis de 1,5% en 2028.
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Le message de la présidente de la BCE est cependant interprété différemment par les spécialistes. Si Kamil Kovar, de Moody’s Analytics, estime que la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire «apparaît désormais sensiblement accrue», Nicolas Forest, de Candriam, évalue autrement la situation. «La BCE garde la porte ouverte à de nouvelles hausses, sans pourtant s’y engager», écrit-il dans un commentaire.
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«Rien à annoncer» concernant son éventuel départ
Interrogée par ailleurs sur les spéculations entourant un éventuel départ anticipé de la BCE, Christine Lagarde a assuré qu’il n’y avait «rien à annoncer» concernant son avenir. Ces rumeurs ont été ravivées par la publication prochaine de son autobiographie début 2027. Des médias ont évoqué récemment une possible arrivée à la présidence du Forum économique mondial, information qu’elle s’est gardée de confirmer ou d’infirmer publiquement jusqu’à présent.Quant aux appels du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à geler ou annuler la dette française détenue par la Banque de France et la BCE, la présidente de la BCE a rejeté cette idée. Une telle mesure constituerait «une violation pure et simple» du traité sur l’Union européenne, a-t-elle déclaré.
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