La grosse sortie française de l’été sur Netflix montre Tomer Sisley en vétéran de la brigade de choc de la gendarmerie nationale, hanté par son passé. On s’agite beaucoup dans «GIGN», qu’on peut regarder avec une grande placiditéTomer Sisley est excellent dans GIGN, eu égard à tout ce que les auteurs lui font faire. Voix grave, yeux rieurs, il affiche des nuances que le personnage de David, vétéran du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, ou GIGN, pourrait éviter. Après tout, nous sommes dans une bonne vieille fiction d’action à testostérone, avec tous les poncifs, l’esprit d’équipe, «nous sommes la crème de la crème, l’élite», «je mets ma vie entre vos mains», etc.
Au cinquième épisode, accablé, David pleurniche sans fin, ce qui tend encore un peu plus l’arc de Tomer Sisley, qui en aura vu de toutes les couleurs. D’autant que pour son personnage, la fin du feuilleton se révèle sèche et dure.
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Des petites têtes dans la soupe
Avant ça, on se demande où va cette histoire de vol d’un explosif très dangereux par des malotrus, trame qui bifurque ensuite direction une ancienne tragédie jamais surmontée: qu’est-il arrivé au père du filleul de David, son plus grand ami, tragiquement décédé pendant une opération il y a 14 ans? GIGN oscille ainsi d’un enjeu à l’autre, même si la gerbe est nouée à la fin. Tout cela n’est ni désagréable ni aussi caricatural que la martialité du titre le laisserait augurer. Mais on peut rester dubitatif face à ces figures gesticulantes, à plus forte raison quand les scénaristes assènent un coup de théâtre en mode Star Wars, pleinement Dark Vador. Pour bien appuyer ces drames, la série impose aussi des plans fixes quasi extatiques qui figent encore le spectacle.GIGN fait penser à une soupe alphabet où les lettres en pâtes seraient remplacées par les têtes parlantes des personnages qui se tortillent sur l’eau chaude. On les regarde en souriant, sans vraiment compatir, juste parce qu’ils sont amusants et un peu ragoûtants, alors même qu’il leur arrive de terribles événements. David est un protagoniste qui tient d’ailleurs de la farine de blé cuite, s’étirant sans cesse jusqu’à se demander quand le spaghetti cédera (retrouvez l’appétissante série d’articles du collègue Denis Delbecq à ce propos). La sécurité nationale au fond du bol, c’est toujours plus divertissant que l’habituelle vulgate paranoïaque.
GIGN. Une série créée par Julien Leclercq et Sylvain Caron (France, 2026). Six épisodes de 50’à voir sur Netflix.
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