Il a porté le Musée d’art moderne et contemporain de Genève sur les fonts baptismaux en 1994 et l’a dirigé jusqu’en 2015. De Strasbourg à Toulouse en passant par Rhône-Alpes et Nice, il n’a eu de cesse de donner à l’art contemporain les moyens de livrer son intensité et sa profondeur. Il était également un poète. La maladie l’a emporté ce jeudi«J’ai le plaisir de vous faire connaître que l’Académie française m’a attribué son Grand Prix de poésie 2026. N’ayant rien fait que publier pour mériter cet honneur, je m’en réjouis comme le font mes amis.» Ce sont les derniers mots de Christian Bernard – emporté jeudi 4 août par la maladie à l’âge de 76 ans – sur LinkedIn, seul réseau social où on le voyait apparaître de temps à autre. Il s’y présentait comme «Commissaire d’exposition, critique d’art, éditeur» et y signalait une exposition appréciée, ou pestait quand, par exemple, un lieu d’art exposait 18. Oktober 1977, «cycle majeur de la peinture européenne de la deuxième moitié du XXe siècle», en occultant dans sa médiation ce que cette série de portraits de la bande à Bader par Gerhard Richter révèle de la violence de l’Allemagne en ces années-là.
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